Requiem for Billy the Kid - Anne Feinsilber
Par luna, jeudi 22 mars 2007 à 16:40 :: Cine / Musique / Lecture :: #33 :: rss

j'en avais parlé dans un précédent billet, le festival des Reflets du cinéma se tiens en ce moment même à Laval. Je n'ai pas vu autant de films que je l'aurais voulu (j'étais un peu crevée, donc j'ai du faire des choix), mais je compte bien me rattrapper l'année prochaine ^^
En tout cas, deux films se détachent du lot. Tout d'abord, le film d'ouverture, Norway of life de Jens Lien, qui est excellent ; et surtout Requiem for Billy the Kid d'Anne Feinsilber, que j'ai tout simplement adoré !
Dans la suite du billet, la critique que j'ai écrit pour Plans Séquences, la gazette du festival, qui est visible sur le site d'atmosphères53
En 1881 à Lincoln au Nouveau Mexique, le shérif Pat Garrett tue un homme et le fait entrer dans la légende : le mythe Billy the Kid est né. Oui, mais ! En 2004, deux shérifs décident d’exhumer le corps de William Bonney, aka Billy the Kid, pour savoir si l’homme que Pat Garrett a descendu est le bon, ou si le Kid a vécu jusque dans les années 50, comme certains le prétendent.
Voici le point de départ du film d’Anne Feinsilber... Mélangeant enquête au côté des shérifs et scènes de précédents films sur le héros, ce film est plus qu’un documentaire, et la
recherche de la vérité sur Billy the Kid n’en est pas le seul intérêt. Deux voix off, la narratrice et Billy himself, nous racontent la petite et la grande histoire, et humanisent le
héros plus que jamais.
Bien que son titre évoque une messe en l’honneur des morts, Requiem... est avant tout une occasion de voir revivre Billy the Kid, comme s’il revivait pour nous raconter son histoire passée.
Si le mélange entre documentaire et fiction peut sembler étrange, il faut savoir que la réalisatrice a abordé toute cette aventure de cette manière : elle a entendu parler de l’enquête via le New York Times, et a été surprise du paradoxe entre le sérieux du journal et l’enquête à priori nébuleuse de deux sherifs sur un morceau de légende... Elle les a alors
suivis dans leur enquête, mais aussi dans leur découverte de la vraie personnalité de Pat Garrett et Billy the Kid...
Un « héros » pas si gentil que ça et un « bad boy » passé du mauvais côté de la ligne un peu par hasard, cela suffit à deux shérifs pour changer d’avis sur leur modèle, et à l’acteur qui immortalisa le voyou dans Pat Garrett and Bily the Kid de Sam Peckinpah en 1973 pour échanger les rôles...

Autre référence récurrente dans le film, Arthur Rimbaud. « Que vient faire un poête français dans un docuwestern ? », vous demanderez-vous ; et bien, l’unique photographie existante de Billy the Kid n’est pas sans rappeler une des plus célèbres poses de son contemporain (ils sont nés et morts à 6 ans d’écart), et le long-métrage n’a de cesse de faire des parallèles entre les deux. Ainsi la lecture de poèmes ancre Requiem... dans un univers poétique voire onirique, ce qui, contre toute attente, est très réussi. Si le mystère reste entier, le film n’en est pas moins passionnant, et les paysages du Nouveau Mexique valent à eux seuls le coup d’oeil.
Parallèle entre passé et présent, mythe et réalité, bons et mauvais, Requiem for Billy the Kid est un habile mélange des genres, qui nous laisse présager le meilleur quand aux futurs films de sa réalisatrice, qui, nous l’espérons profiterons d’une sortie en salles à plus grande echelle.
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